D'abord, pas de stress, respire un bon coup. Il n'y a pas de cérémonie à respecter, pas de diplôme à passer. Juste deux ou trois réflexes pour que la dernière tranche soit aussi bonne que la première.
Avant de l'entamer, garde ton jambon dans un endroit frais et sec, entre 15 et 19 °C, suspendu ou posé sur un support à jambon.
Une fois entamé, mets de côté les parures de gras blanc, pas le jaune. Ce gras est ton allié. Quand tu as terminé de grignoter, utilise ce gras blanc pour recouvrir la surface de coupe, puis ajoute une feuille de papier cuisson et un linge propre dessus. Ça freine le dessèchement et préserve les arômes. Évite le film alimentaire.
Pour la coupe, utilises un couteau long, fin, souple et bien affûté. Essaye de sortir des tranches de 1 à 2 mm, en commençant par la maza, la partie la plus large et la plus juteuse, puis en allant vers les autres zones pour équilibrer l'intensité et arômes. Sur un jambon ibérique de bellota, chaque tranche de jambon Pata Negra doit montrer un persillé net : la signature de l'alimentation aux glands pendant la montanera.
Coupe seulement ce que tu vas manger...mais ne sois pas trop raisonnable. On est là pour se faire plaisir !
Plus sérieusement, l'idéal est d'en consommer un peu tous les jours, afin que la pièce ne sèche pas.
Le plus grand dilemme, c'est de savoir quoi choisir entre jambon ou épaule. Le jambon, c'est la patte arrière : plus grosse, plus facile à couper. L'épaule, c'est la patte avant : plus petite, avec des os plus délicats à contourner. L'épaule va avoir des arômes plus puissants et une mâche différente. Deux pièces différentes, mais toujours excellentes.